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Il y’a des amis qui mènent à la ruine, il y’en a qui sont plus chers qu’un frère (Proverbes 18:24) #67

Hello la compagnie!

J’avais envie d’écrire cet article depuis un long moment. Il m’arrive de ruminer longtemps sur un sujet jusqu’à l’obsession. Parfois je gribouille des choses dessus, ou bien je lis tout simplement pour en apprendre un peu plus en creusant la réflexion sur mes propres acquis et certitudes. Et dans mes nombreuses évasions, j’en suis arrivée à une conclusion pour le moins étrange concernant l’amitié. Cette conclusion est aussi en partie tirée de mon expérience personnelle. Du coup, ahahah, je vais un peu parler de moi en filigrane, juste un tout petit peu rassurez-vous! J’aimerais réellement avoir votre avis aussi sur la question, alors n’hésitez surtout pas à me laisser des commentaires.

L’amitié, un bien grand mot. Parfois je me demande si on sait au moins ce qu’il recouvre comme réalité, à la fois humaine et spirituelle, tant les relations amicales sont basées de nos jours sur des intérêts inavoués. Il y’a quelques semaines, ça fera bientôt des mois d’ailleurs, j’étais en pleine discussion, peu avant les fêtes de Noël avec mes copines séniors. Oui, vous avez bien lu, j’ai des copines d’un certain âge. Et nous parlions de choses et d’autres, de la violence faite aux femmes, en passant par les relations sexuelles, et j’en passe. Nous refaisons le monde à notre sauce lors de ces échanges. Et, nous en étions plus précisément à la partie où des femmes mentent sur les agressions sexuelles pour se faire de l’argent sur le dos des prétendus agresseurs. Et l’une d’elles, 86 ans, m’a dit que j’étais un peu naïve. Naïve parce que j’avais tendance à croire les gens, et à leur accorder le bénéfice du doute. Et que je pense trop le meilleur de chacun. Ce n’était pas méchant ce qu’elle disait, mais elle essayait juste de me faire comprendre que la vie n’est pas si simple et que tout le monde n’est pas toujours bien intentionné à notre égard. Puis elle m’a dit de faire attention à moi. Mais alors, dois-je croire le mauvais de chacun sous prétexte qu’on ne connaît jamais les intentions profondes des uns et des autres? Grande question. Je me refuse cependant à adopter cette perspective. Je suis loin d’être parfaite, alors pourquoi exiger la perfection des autres? Nos interrelations doivent plutôt viser à nous rendre meilleurs les uns pour les autres, enfin, j’espère idéellement.

 

Pourquoi je raconte tout cela?

Cela fait un moment, que je connais les montagnes russes dans mes relations amicales avec d’autres femmes. Je ne vais pas aller dans les détails au risque d’en rajouter une couche, et surtout au risque de laisser penser que c’est un article à charge parce que j’ai des proches qui lisent mon blog. Non, pas que ça soit nouveau de vivre ces montages russes, puisque l’amitié n’est jamais facile, comme en amour, mais plutôt parce qu’avec l’âge et ma maturité, on apprécie différemment les choses. Ma première expérience négative en amitié a été pour le moins traumatique au sortir du lycée. En discutant de cet article avec mon duo, car il m’arrive d’échanger sur mes nombreuses réflexions avec lui, il m’a répondu en riant, à 20 ans, les filles ont plusieurs copines, à 30 ans elle en ont une, et à 40 ans, il n’y a plus personne. J’en ai rigolé, mais tellement!

Je me rappelle au collège, mes amis n’hésitaient pas à me dire ouvertement que je n’avais pas à fréquenter d’autres cercles parce qu’elles en étaient jalouses. Vous savez, au collèges il y’a des groupes d’affinités qui ne se « mélangent » pas toujours. Nous avions même des réunions pour en parler. Je me souviens avoir été convoquée à une réunion où il était question de moi, qui fréquentais un autre cercle. Quand j’y pense, j’en ris aujourd’hui, et je me dis, c’était tellement simple et sincère d’oser avouer qu’on était jaloux que notre amie se fasse d’autres amies.

Maintenant, avec les années qui passent, et qui ne nous rajeunissent pas, les rapports changent, les intérêts changent, les aspirations changent, etc. Des personnes qui hier étaient en parfaite harmonie amicale peuvent devenir des étrangers du jour au lendemain. Des personnes qui à priori n’avaient rien en commun peuvent soudainement se lier d’amitié, une amitié sincère et profonde. Un ami peu avoir subi une contrariété sans jamais le dire à l’autre, et changer de comportement avec lui. Un autre encore peut secrètement nourrir de la jalousie envers l’autre pour différentes raisons. Ou bien encore, un autre ami peut vouloir ressembler à l’autre au point de lui faire beaucoup de mal. C’est la vie, et nous sommes tous humains après tout. Ces situations sont bien caractéristiques de nos misères humaines.

Bon, tenez vous prêts, je vais parler de moi ahahah. Je n’ai jamais été quelqu’un de facile à cerner. Ma mère dit souvent, à ceux qui posent la question : « ma fille est bizarre, c’est son caractère » ahahah. Merci maman! Justement, malgré cette bizarrerie qu’elle ne comprend pas toujours, elle voit au-delà, m’aime et m’accepte. Mes sœurs n’en parlons plus. Pour elles, je suis un phénomène étrange, limite lunatique.

Mais, vous savez, je rends grâce à Dieu d’être issue de ce qu’on qualifie de famille nombreuse. Cela m’a appris la vie en société, à être conciliante, à comprendre que lorsque je ne suis pas d’accord avec une personne, cela ne veut pas dire que je ne l’aime plus, ou que je ne l’apprécie plus. Que je peux exprimer mon désaccord sans craindre des représailles. Cela m’a aussi appris à continuer à accepter l’autre même s’il m’énerve et à lui dire qu’il m’énerve, parce que je le ressens vraiment et que j’ai besoin de le verbaliser sans avoir à me justifier et à craindre que cela soit mal accueilli. Cela m’a aussi appris à justifier mon attitude parfois indifférente, qui peut blesser, même si elle ne concerne personne d’autre que moi, car nous avons tous nos luttes visibles et intérieures. Je suis parfois un peu asociale sur les bords, mais c’est pas méchant Mdr. Ma famille a enfin été un lieu d’apprentissage de gestion des conflits. Je suis riche de tout cela. Mais est-ce que ça rend mes relations amicales plus simples?

 

Où est-ce que je veux en venir?

Les déboires amicaux de ces dernières années m’ont poussé à me regarder davantage. Je me suis demandée si c’est moi qui était une mauvaise amie. Il est vrai, je n’appelle pas beaucoup, je suis souvent peu loquace, il est parfois difficile de lire mes sentiments parce que je ne laisse rien filtrer. Enfin, tout dépend des circonstances. Bref, je me suis posée des tas de questions. Puis je me suis convaincue que j’avais un problème, et j’ai prié le Seigneur de m’envoyer des amies qui me conviennent, c’est-à-dire avec qui nous sommes toujours en accord, avec qui je peux partager tous les mondes qui sont dans ma tête, ainsi que ma foi. Vous savez ce qu’il a fait le Seigneur? Tout le contraire. Mon éclectisme se traduit aussi dans mes amitiés. J’ai des amis non chrétiens, protestants, musulmans, athées, etc.

Alors j’ai demandé au Seigneur, mais qu’est-ce que tu veux que j’apporte à ces personnes? Question chargée d’un égocentrisme absolu, où l’on pense qu’on est toujours celui qui doit apporter aux autres. Je vous rassure, je n’ai toujours pas trouvé la réponse à cette question. Au contraire, j’ai regardé autour de moi, et j’ai constaté que, malgré mes nombreux défauts, mis en lumière par mes remises en question, il y’avait des personnes composaient avec, n’hésitaient pas à me dire lorsqu’elles n’étaient pas d’accord avec moi, n’hésitaient pas à me raisonner, et j’en passe. Finalement, les autres m’apportent quelque chose que je ne sais pas nommer. Je crois que chaque relation est une opportunité de s’enrichir soi-même et d’enrichir l’autre, même si nous n’en sommes pas toujours conscients. C’est là tout l’enjeu des relations amicales. C’est au contact des autres que nos traits de caractères se révèlent. Nous sommes tous perfectibles, et les autres sont là pour nous y aider. J’ai presqu’envie de dire que l’amitié est aussi un chemin de conversion.

Si un jour, vous vous entendez dire que vous n’êtes pas une assez bonne amie, demandez-vous quelles sont les exigences que la personne place en vous. Demandez-vous si vous ne renvoyez pas plutôt cette personne à sa propre réalité. Demandez-vous encore comment cette personne conçoit une relation amicale. Surtout, il vous appartient d’évaluer sur quelle échelle elle se place.

Finalement, j’ai arrêté de penser que j’avais un problème et j’en suis arrivée à la conclusion selon laquelle, lorsque des chemins se séparent, c’est que nous sommes arrivés au bout de la relation, et que plus personne n’y trouvait réellement son compte. Dans ce cas, la séparation se fait naturellement, ou dans d’autres cas, elle se fait douloureusement, et en silence ou pas. Il faut simplement rendre grâce d’avoir appris au contact de la personne et lui souhaiter le meilleur. Mais, si en revanche, l’amitié se terminait, parce que l’un ou l’autre, n’arrive pas à communiquer, ce serait bien dommage. Il faut ainsi espérer que la personne qui s’en va, revienne à de meilleurs sentiments. Ce sera à vous, dans ce cas, de décider si oui ou non, vous la laisser à nouveau entrer dans votre vie.

 

Ce que j’ai compris

De mon parcours, j’ai tiré plusieurs leçons tout de même. Si vous vous y retrouvez, c’est que je ne suis pas loin d’atteindre la plénitude de la connaissance métaphysique sur l’amitié ahahah :

  • Comme en amour, l’amitié, même si elle semble naturelle et simple au départ, elle nécessitera un engagement de part et d’autre, passée l’euphorie de la nouveauté. Si l’on ne s’engage pas, il ne faut pas non plus s’attendre à ce que tout se passe comme au début.
  • Cet engagement entraîne un certain nombre d’obligations vis-à-vis de l’autre, et bien entendu, des exigences aussi. Dans ce cas, la communication est de rigueur, car elle permet à chacun de se positionner dans la relation.
  • L’amie est un autre que moi, il n’est pas moi. Je ne peux pas me projeter en lui, et espérer qu’il reflète l’image que je me fais de ce qu’il devrait être et comment il devrait être avec moi pour me convenir. Si l’on ne respecte pas cette liberté, on passe à côté de quelque chose.
  • Lorsque l’amour fraternel n’est pas sincère, il laisse place à d’autres choses, jalousie, médisance, colère, comparaison, colère, etc. L’amitié est un choix. Il ne faut pas se sentir obligé d’aimer l’autre, mais être en mesure de s’en séparer sans accrocs avant de se faire trop de mal.
  • J’ai aussi appris qu’il fallait arrêter de donner son opinion sur les choix des autres si elle n’est pas littéralement demandée. Est-ce que c’est être hypocrite? Non, je crois plutôt que c’est croire que l’autre est un adulte capable de faire ses propres choix, de se remettre en question. L’autre est un alter égo, il n’est ni inférieur ni supérieur, puisqu’il s’agit d’une relation horizontale dans laquelle on a conscience de s’être choisi réciproquement. Mais il faut aussi pouvoir accueillir ces opinions lorsqu’elles sont souhaitées.
  • Si vous aimez trop vos amies et que leurs choix, leurs opinions, sont différents des vôtres et vous font souffrir, confiez cela au Seigneur. Vous n’avez pas vocation à changer les cœurs, mais à être des instruments de bienveillance.

Mais surtout, j’en suis arrivée à la conclusion qu’en amitié, comme en amour, il faut prôner le dialogue et la communication, et que finalement, on devrait faire comme les enfants, et demander à l’autre: « veux-tu être mon amie? » Je vous imagine sourire, mais je vous rassure que cette approche pourrait éviter tellement d’incompréhensions.

En effet, il peut arriver qu’une personne que vous considérez comme une amie ne vous considère pas comme telle. Vous aurez alors le sentiment d’avoir été trompée et désabusée parce que vous étiez sincère. « Deux hommes vont-ils ensemble sans s’être concertés? » (Amos 3:3). Pourquoi en amour devrait-on avoir la liberté d’exprimer ses intentions, et s’en garder en amitié? Voilà où j’en suis dans mon questionnement. C’est la conclusion dont je vous parlais au tout début. Dorénavant, je pense que je poserais la question à une personne qui voudra se rapprocher de moi quelles sont ses intentions à mon égard. De cette manière, on démarra notre amitié sur une base commune. Je dois aussi être en mesure de dire à une personne que je souhaite cultiver une relation amicale avec elle pour que tout soit clair dès le départ.

Sur ce, je vous souhaite de belles, riches et fructueuses amitiés. Que Dieu vous bénisse!

Grâce-No.


Photo by Daiga Ellaby on Unsplash
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