L’Eglise et la formation des jeunes adultes en question #8

Dans cet article, il est question de la formation des jeunes adultes. Qu’en est-il aujourd’hui ? Loin de moi l’idée de faire une généralisation abusive, même si elle a l’avantage de mettre en évidence une question qui mériterait qu’on s’y intéresse davantage. Selon moi, on note une carence quant à la formation des jeunes adultes dans les communautés de croyants. Même s’il est vrai, que quelques réveils se font ça et là, à travers le monde, dans certaines régions, dans certaines villes, et dans certains diocèses, etc.

La carence ne se fait pas ressentir uniquement autour de cette tranche d’âge (18 à 35 ans) dénommée jeunes adultes, mais à toutes les tranches d’âges actives. Celle-ci me concernant personnellement, et, étant l’une des tranches d’âges la plus active dans notre société, les défis majeurs auxquels celle-ci fait face lui incombent donc particulièrement. D’où, l’intérêt que j’apporte à la question puisque certaines affirmations partent de constats liés à mon expérience personnelle. Si nous voulons aujourd’hui, réellement battre la mesure d’un impact ou d’une transformation considérable de notre société à travers l’enseignement de l’Église, il devient urgent plus que jamais de s’atteler à la formation humaine et spirituelle des jeunes adultes. Suite à un article publié en ligne sur le célèbre site d’informations chrétiennes Aleteia, j’ai voulu réagir, ou encore approfondir ce qui a été dit par la personne qui en est l’auteure, et que je félicite d’ailleurs pour avoir osé exprimer cette carence qui semble-t-il fait défaut dans l’Église d’aujourd’hui. Même s’il lui a été reproché dans les divers commentaires le fait de savoir parfaitement ce sur quoi elle souhaitait être formé, ce que dont je ne suis pas très sûre. Je crois juste qu’elle essayait d’exprimer autre chose à travers ces « Dites-nous et enseignez-nous ».

S’il y a une chose que je crois tenir de l’influence de mon père, c’est l’amour de la lecture et l’envie d’en apprendre toujours davantage grâce aux ressources auxquelles je peux avoir accès. Lorsqu’on a grandit dans un contexte où la priorité n’était pas de s’inscrire dans une bibliothèque, encore fallait-il qu’il y en ait une, on développe une curiosité prononcée lorsqu’on a enfin la possibilité d’avoir accès à certaines ressources. Je suis de ceux là qui aiment bien tenir un livre dont ils peuvent apprendre de nouvelles choses, et approfondir leurs connaissance. Je me lasse très vite d’une lecture qui ne m’apprend rien de nouveau. Cela ne veut pas dire que je suis incapable de lire un roman d’évasion cependant. Je fais cette petite parenthèse pour mettre en évidence le fait qu’il m’est arrivé un jour de discuter avec une dame que je voyais fréquemment, de la beauté de la foi, de l’Église, de notre vie dans le Christ, des défis de notre vie chrétienne, etc.  Et, cette dame m’a dit une fois, lors de nos nombreuses discussions, que j’en savais plus qu’elle sur la foi et sur l’Église. Le fait d’en parler régulièrement lui a d’ailleurs donné envie de renouer avec la foi et je rends grâce au Seigneur pour cela. J’étais évidemment flattée par sa remarque, et j’ai essayé de m’en défendre en disant que je n’en savais pas forcément plus qu’elle, et que c’est tout simplement parce que j’ai baigné dans le milieu chrétien depuis très longtemps. Faux ! J’avoue que c’était une belle tentative pour me soustraire à ce qui semblait être un compliment 🙂 J’ai beaucoup de mal à accueillir les compliments car j’ai souvent peur de m’enorgueillir. C’est encore un des nombreux domaines de ma vie où j’ai besoin d’être visité par le Seigneur. Quoi qu’il en soit, ma justification paraissait valable, et elle l’était certainement pour elle. Mais, à vrai dire, je savais au fond de moi que ce n’était pas le cas.

En effet, ce n’est pas parce qu’on a baigné depuis longtemps dans le milieu chrétien qu’on en sait forcément plus sur la foi, sur l’Église, sur la vie du Christ, sur notre espérance, etc. Tout ce que je sais vient en partie de là, certes, mais aussi et en grande partie des formations dont j’ai pu bénéficier, de mes lectures (ouvrages, Bible, ressources en ligne, etc.), ce qui n’est pas toujours le cas de tous. D’abord parce que certains n’y ont tout simplement pas accès et ne peuvent pas, ensuite parce que d’autres ne sont pas curieux d’en apprendre davantage. Quand bien même, ils le seraient, les livres, vidéos et autres ressources ne suffisent pas, si on ne peut pas en discuter avec d’autres que nous, et qui partagent la même espérance. Personne n’est dépositaire de la science infuse, même pas les prêtres ni les religieuses. C’est l’Esprit de Dieu qui agit en chacun et nous fait grandir dans notre foi. Par ailleurs, il ne suffit pas de s’enfermer chez soi avec sa Bible et que sais-je encore pour grandir spirituellement. On a tous besoin d’être enseigné sur certaines questions, on a besoin d’être accompagné.

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Crédit photo. Google images

Est-ce que j’ai eu de la chance ? Non, d’ailleurs je n’aime pas ce terme. Je dirai plutôt que j’ai eu la grâce de bénéficier de formations, mais encore, j’en ai recherchés parce que j’avais soif d’apprendre et de nourrir ma foi (retraites, pèlerinage, etc.). D’où vient alors que j’affirme qu’il y a un manque criant de formation spirituelle et humaine des jeunes adultes dans l’Église ?

Vous lirez, je l’espère, l’article auquel je fais référence au tout début de mon propos. Il s’agit quasiment d’un plaidoyer en faveur des jeunes pour leur formation humaine et spirituelle en direction des prêtres. Et, mes observations vont également dans ce sens, même si je ne partage pas forcément certains aspects de cet appel à l’aide. Nous ne devrions même pas en arriver là ! Demander de l’aide pour recevoir l’enseignement de l’Église, car c’est l’une de ses missions principales. Même si l’auteure y émet une réserve, et reconnaît que ceux-ci n’ont pas toujours le temps en raison des nombreux engagements que sont les leurs en faisant référence aux prêtres. Toutefois, c’est la mission de l’Église, alors je veux te dire aujourd’hui, chère anonyme que l’enseignement entre tout à fait, dans le périmètre de leurs missions pour reprendre tes propos. Est-ce alors par ignorance que la plupart d’entre eux ne remplit pas cette mission ? J’en doute fortement et ce n’est pas la question ici. Alors on en vient directement à ce que personnellement je reprocherais à l’Église pour étayer la question de la formation des jeunes adultes en particulier, bien que cela soit aussi valable pour les autres tranches d’âges.

L’enseignement humain et spirituel des jeunes adultes ne devrait pas uniquement incomber aux seuls prêtres.

Non seulement il y a des laïcs qui pourraient très bien remplir cette mission en se formant pour former à leur tour, mais pas uniquement. La formation passe aussi par de l’accompagnement informel, du coaching, du mentorat, des conseils, l’amitié et/ou partenaires de redevabilité, etc., à condition que les personnes qui transmettent en sachent assez sur une question donnée pour en édifier le plus grand nombre. Par ailleurs, il y a aussi les religieuses qui font déjà un travail exceptionnel d’accompagnement auprès des jeunes adultes. Que l’on serve l’Église dans la prière et la contemplation, je le conçois, mais la Bible déclare que la foi sans les œuvres est morte. Alors je vous en prie, la survie de notre société en dépend.

Au regard du recul croissant des valeurs morales et humaines dans notre société, nous avons plus que jamais besoin aujourd’hui de nous affirmer dans notre foi, nos valeurs, investir ce monde comme des soldats en mission, et devenir des modèles à l’image des stars d’Hollywood, c’est-à-dire en devenant des personnes à suivre. #FollowMe 🙂

Vous rendez-vous compte de là où nous en sommes ? Les jeunes préfèrent aujourd’hui passer le plus clair de leur temps à regarder des gens s’exhiber sur internet plutôt qu’à écouter des enseignements. Pourquoi ? La question reste entière. Alors j’aimerais te dire à toi qui me lis ; Non, la foi n’est pas ringarde. Non, être chrétien ce n’est pas ringard. C’est au contraire très fun lorsqu’on connaît son identité en Christ. Mais les jeunes ont besoin d’apprendre, de développer l’intelligence de leur foi et de parler de Christ au monde. Nous avons besoin de sortir des sentiers battus, et pour cela nous avons besoin que par la grâce qui lui a été donnée dans le nom de Jésus, l’Église nous soutienne et nous encourage pour mettre le feu au monde.

Pour finir,  j’étais encore très jeune lorsque j’ai fait ma première communion et j’aimerais vous dire qu’au catéchisme, on nous enseigne certes les bases de la foi, mais cela ne suffit pas. Aujourd’hui encore, j’ai besoin de me plonger dans le catéchisme, j’ai plus que jamais besoin encore de nourrir ma foi à travers des lectures inspirantes, des témoignages de vie. La plupart des jeunes adultes ne savent même pas prier parce qu’ils sont devenus comme des robots programmés pour dire le Notre Père et le Je Vous salue Marie à tue tête. Est-ce cela notre foi ? Est-ce cela notre espérance ? Je ne suis pas entrain de dire que nous devons être formés à devenir des chrétiens « chrétiennement corrects » qui sont sous le joug de la loi pour paraphraser saint Paul. J’aimerais juste à travers ce message que l’Église, non en tant qu’Institution, mais en tant que communauté de croyants, en prenne conscience. J’aimerais qu’elle prenne conscience que nous avons besoin de vivre notre foi au sein de communauté fortes, qui s’enseignent, méditent la Parole de Dieu, cultivent le partage, et vivent l’amour fraternel à l’image des premiers chrétiens. J’exhorte enfin nos aînés dans la foi à nous soutenir et à nous aider à grandir davantage dans notre marche avec le Seigneur.

Soyez-bénis!

Une passionnée de Dieu.


Image à la Une. Crédit photo. Internet Pixabay
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